Notre périple en terre mongole se poursuit, et nous amène dans la vallée de l’Orkhon. Après avoir visité le monastère de Shankh, découvert les jeux nomades et les chevaux de Przewalski, arpenté Oulan-Bator, c’est notre cinquième journée en Mongolie. Jusqu’ici, chaque jour qui passe se révèle encore plus excitant que le précédent. Je me couche le soir émerveillée par la journée que je viens de vivre, et me réveille impatiente de découvrir la suite. Une fois de plus, je ne vais pas être déçue !

Rencontre avec les nomades

En route pour la vallée de l’Orkhon, nous croisons un campement de quelques yourtes où vit une famille qui élève des yaks et des chevaux. Nous allons à leur rencontre. En Mongolie, la porte d’une yourte est toujours ouverte, quiconque s’arrête est accueilli avec une boisson et de quoi grignoter, même si c’est un groupe d’une vingtaine de touristes et leur guide !

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La yourte de nos hôtes

Ici, ce sont la mère, la grand-mère, et les filles qui s’occupent de la traite. Nous les accompagnons pour y assister. Assises sur de petits tabourets en bois, elles entravent le yak le temps de le traire d’un geste expert. Attention aux veaux qui sont parfois mécontents de se voir dérober le lait !

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Ils possèdent aussi de nombreux animaux croisés yak-vache, qui produisent plus de lait qu’un « pur » yak. Nous les renommons aussitôt des yaches ! Les juments sont également traites. Au mois d’août, elles sont presque toutes accompagnées d’un poulain.

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Après la traite, nous rentrons dans leur yourte et goûtons le fromage qu’ils produisent. Le père de famille se met en tête alors de nous apprendre un jeu mongol qui s’apparente énormément au shi-fou-mi.

Les 2 joueurs se font face, et lancent au même moment leur bras vers l’avant en faisant « tshoout » et en laissant un seul doigt sortir de leur poing fermé. Si l’un sort le pouce et l’autre l’index, c’est le premier qui gagne. De même, l’index l’emporte sur le majeur, qui l’emporte sur l’annulaire, qui l’emporte sur le petit doigt… Qui l’emporte sur le pouce !

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Lorsqu’on perd, le gage est de boire un verre d’airag (lait de jument fermenté) et de chanter une chanson ! Nous passons un moment assez émouvant, entre le jeu et les rires, les chansons en mongol et en français lorsque l’un de nous perd. Le père de famille a une voix grave et chante en fixant un point dans le vide, c’est assez solennel et impressionnant…

Je découvre ce jour là que les mongols aiment beaucoup chanter ensemble !

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La verdoyante vallée de l’Orkhon

Le monastère de Tövkhön

Le lendemain, nous prenons la route pour le monastère de Tövkhön. Situé à une altitude de 2312 mètres, au sommet de la montagne sacrée Shireet Ulaan, il domine la vallée de l’Orkhon. Ce monastère est célèbre car il fut fondé par Zanabazar, le plus grand chef spirituel de la Mongolie, qui y fait retraite pendant des années et composa certaines de ses plus grandes œuvres en ses murs.

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De cette époque subsiste quelques bâtiments et deux stupas. Le monastère de Tövkhön est enregistré au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1996.

On y trouve aussi Ekhiin Agui, « la Grotte de la Mère », qui est en fait composée de deux cavités. Les mongols s’y rendent notamment en cas de problèmes de fertilité. La croyance veut qu’il faut ramper jusqu’à la grotte principale dans un tunnel étroit. Arrivé au fond, il faut se retourner, s’asseoir, et repartir dans l’autre sens. L’enchaînement de ces mouvements symbolise la gestation et la naissance… Je n’ai personnellement pas tenté l’expérience, étant légèrement claustrophobe, mais mon petit frère confirme que c’est vraiment étroit !

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Rencontre sur la route : des enfants qui ont l’air de trouver notre présence très drôle

Pour monter au monastère, nous cheminons à pied dans des forêts de mélèzes. Le temps est à la pluie et la brume, ce qui ajoute à l’atmosphère un peu mystique des lieux. Nous découvrons l’histoire des lieux au milieu d’autres touristes et de mongols en pèlerinage. Malheureusement quelqu’un fait voler un drone, dont le bzzzzz assourdissant casse un peu l’ambiance. Décidément, ces maudits engins devraient être interdits !

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L’arbre où Zanabazar attachait son cheval, aujourd’hui entouré de tissus sacrés

Sur le site, une colline est interdite aux femmes. Hé oui, les esprits y sont tellement forts qu’on ne peut s’y rendre dans un soucis de « protection ». Je suis un peu estomaquée et aussi vexée de ne pas pouvoir aller sur cette colline, car je crois bien que c’est la première fois qu’on m’interdit quelque chose parce que je suis une fille… Mais le voyage, c’est aussi s’adapter aux coutumes locales !

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Coucher de soleil sur le campement

En rentrant du monastère sous une fine pluie, nous vivons encore un beau moment, car nous cheminons à côté d’un couple de mongols et nous mettons à chanter à tour de rôle (une fois de plus) ! « La vie en rose » et « Aux Champs-Elysées » rencontrent comme partout ailleurs un franc succès.

Hélas, ce super moment est brisé brusquement car la femme glisse et se casse la cheville. Elle a extrêmement mal, et le chemin est encore long et très pentu. Son mari veut la porter sur son dos, mais ils risquent de chuter à nouveau à deux. Nous les convainquons d’attendre un cheval pour qu’elle descende en sécurité. On sent qu’ils auraient été prêts à avancer comme ça, et que les conditions sont rudes dans ce pays lorsque si l’on a des problèmes de santé.

Capture et dressage des chevaux

S’il y a bien un animal emblématique en Mongolie, c’est le cheval. Cavaliers émérites, les mongols se servent aussi de son lait pour faire du fromage ou de l’airag, de son crin pour fabriquer des cordes, et se déplacent au quotidien avec lui.

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Ils n’entretiennent cependant pas du tout la même relation avec lui que les européens. En France, les amateurs de chevaux ont énormément de respect pour ce noble animal, on pratique aussi l’éthologie, les chevaux sont soignés, portent des couvertures l’hiver… Que nenni en Mongolie !

Si le nomade aime ses meilleurs chevaux, ceux qui sont rapides et gagnent des courses, les autres sont considérés comme du bétail. Ils ne portent pas de nom et ne sont pas vraiment dressés. Les chevaux sont d’ailleurs en liberté quasi-complète toute l’année.

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De retour du monastère, nous allons assister à une démonstration de capture et de dressage des chevaux. Les hommes sont une dizaine, munis de longues perches avec un nœud coulant au bout, ça parle fort et gesticule, une certaine tension règne !

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Les nomades ont l’habitude de garder les poulains du troupeau entravés près des yourtes, ce qui pousse les juments et le reste du troupeau à rester à proximité pour les protéger.

Soudain c’est parti : quelques hommes lèvent les bras et se mettent à crier au milieu de la horde, tandis que d’autres abattent leur perche pour tenter d’attraper par le cou un cheval. Le troupeau s’élance, vire subitement, les chevaux trébuchent, c’est impressionnant. Tous essaye de saisir un cheval blanc qui doit être l’étalon dominant, mais il ne se laisse pas faire !

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Après de nombreuses tentatives ratées, c’est finalement un cheval noir qui est attrapé. Il part alors au galop en traînant derrière lui l’homme attaché à sa perche et qui ne veut pas lâcher… Le cheval finit par se calmer, sans doute épuisé par la cavalcade. Il est alors sellé, maintenu par plusieurs hommes.

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Le malheureux qui a été attrapé

Un mongol arrive, apparemment cavalier hors pair, et saute sur son dos. Le cheval se lance alors dans un rodéo qui durera plusieurs minutes, au triple galop. On en reste bouche bée ! Après quelques minutes l’homme redescend, et voilà, le cheval est « dressé » !

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Vengeance !

Les hommes nous font également une démonstration de ramassage de perches. Ils arrivent au galop et se penchent dangereusement pour attraper l’attraper au sol. Quelle dextérité !

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Complètement enchantés par tous ces superbes moments vécus dans la vallée de l’Orkhon, nous rentrons à notre campement. Demain, nous prenons la route pour la célèbre Karakorum, capitale de l’empereur Gengis Khan !

Une question, besoin de conseils pour un voyage en Mongolie ? Ecrivez-moi dans les commentaires, ça me fera très plaisir !

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