France

3 jours pour découvrir les plages du débarquement

Math2 comments1084 views
plages du débarquement

Dès qu’un weekend prolongé se profile à l’horizon, j’essaye de planifier une escapade afin de m’évader un peu du quotidien. Le weekend du 11 novembre dernier, c’est donc direction la Normandie que nous partons pour un itinéraire spécial « Plages du débarquement », entendez par là un roadtrip visant à faire le tour des plages & villages liés à cette période de la Seconde Guerre Mondiale. A la fin de l’article se trouve une carte détaillée !

Premier jour : Caen – Bayeux

La première journée fut courte, étant partis le vendredi matin afin d’éviter les inévitables bouchons de veille de weekend prolongé : que nenni ! Nous arrivons donc à Caen aux alentours de 15 heures sous un soleil radieux. Nous décidons de ne pas aller au mémorial bien que celui-ci soit très connu, pour plusieurs raisons : nous souhaitons avant tout découvrir la ville, et n’avons de plus pas beaucoup de temps sur place. Enfin, nous avons comme d’habitude envie d’éviter la foule !

Direction donc le château de Caen ! Wikipédia annonce que : « Le château de Caen est un ensemble fortifié du centre-ville ancien de Caen. Fondé vers 1060 par Guillaume le Conquérant, il connait de nombreux aménagements au fil des siècles. Avec 5,5 hectares, c’est l’un des plus grands châteaux d’Europe. »

Pour tout vous dire, nous avons été un peu déçus ! L’enceinte fortifiée est bien conservée, mais à l’intérieur on trouve un parking, quelques bâtiments abritant des musées, et des vestiges de salles du château (des pierres au sol). Je n’ai pas réussi comme lors d’autres visites à sentir, imaginer l’ambiance de l’époque, sans doute par trop de modernisme au sein de l’enceinte. Nous sommes donc restés une demie-heure sur place avant de continuer notre tour à pieds.

Nous verrons depuis le château l’impressionnante église gothique Saint-Pierre, la très belle église du Vieux Saint-Sauveur, les rues pavées aux noms évocateurs tels que « rue aux fromages », « rue froide »… Et nous manquerons l’Abbaye-aux-Hommes ! Revenir donc à Caen un de ces quatre me semble être une bonne option 🙂

plages du débarquement

L’église Saint-Pierre, qui ressemble à tort à une cathédrale 

plages-du-debarquement-10

Eglise du Vieux Saint-Sauveur

Comme pour Caen, nous passerons seulement une courte soirée à Bayeux. Suffisante pour s’extasier au pied de la cathédrale (qui paraît si grande sur une si petite place), dîner dans une assez mauvaise pizzeria et boire un verre dans un bar caché très sympa !

plages-du-debarquement-11

Cathédrale de Bayeux : impossible de trouver assez de recul pour la photographier !

Séjourner & se restaurer à Bayeux  :

Deux lits simples accolés avec un lit superposé au-dessus, salle de bain petite et en plastique, pas super insonorisé… Mais personnel sympa et 15 minutes à pied du centre ! Parfait pour les petits budgets.

Une pizzeria assez moyenne au vu de la qualité des ingrédients utilisés mais petits prix (10-12€ la pizza). De quoi se nourrir toujours en mode petit budget 🙂

Un peu intimidant au début (il faut sonner pour entrer), une grande salle décorée de bric à brac et quelques bonnes bières à la carte aux prix raisonnables. Le bar s’est rempli tard quand nous y étions ; mais nous étions à priori les seuls « touristes » et avons pu discuter des coins à voir dans la région avec nos voisins de table. Même pas référencé sur Trip Advisor !

Deuxième jour : Arromanches – Longues sur Mer – Colleville et Omaha Beach

Arromanches

Nous entrons dans le vif du sujet en commençant par nous rendre à Arromanches. Le temps est maussade mais les couleurs sont magnifiques : le sable jaune foncé, la mer bleu pâle et le ciel gris. Au loin et sur la plage, les vestiges du port artificiel tranchent en noir !

plages du débarquement

Les couleurs sont extraordinaires : au fond les vestiges du port artificiel

Un peu d’histoire : Le port Mulberry est un port artificiel qui fut construit en face d’Arromanches pendant la Seconde Guerre mondiale pour permettre l’approvisionnement des Alliés dans les jours qui suivirent le débarquement de Normandie, sans avoir à reprendre un port occupé. Les différents éléments du port furent fabriqués en Angleterre et acheminés par bateau, mais seuls 40% de ce qui avait été fabriqué arriva à bon port en raison du mauvais temps. Le port artificiel d’Arromanches est célébré pour le rôle important qu’il a joué dans la réussite de la bataille de Normandie. La façon dont il fut construit est inédite pour l’époque. Le projet fut bien entendu soutenu par… Winston Churchill !

Le musée d’Arromanches, que nous avons visité, explique de façon très détaillée la construction du port. Une maquette reproduit la façon dont les divers éléments suivaient le rythme des marées, et par les vitres on aperçoit les vestiges qui sont toujours en place… L’emplacement du musée est bien choisi ! Vous y trouverez également des objets, uniformes, et films liés au débarquement. Le musée n’est pas trop grand et il n’y avait pas beaucoup de monde : pas mal pour les enfants si on veut visiter rapidement, ou les personnes qui comme moi n’aiment pas passer des heures dans les musées 😉

Se restaurer à Arromanches :

Nous avons testé la crêperie familiale « Terre d’Escale » : crêpes délicieuses, plutôt copieuses et servies avec de la salade, rien à redire ! Monsieur en cuisine, Madame et sa fille au service. Attention à réserver, nous sommes arrivés tôt mais beaucoup de personnes n’ont pu déjeuner tant la salle était pleine et ce malgré le temps pluvieux.

Longues sur Mer

Nous prenons ensuite la direction de Longues-sur-Mer où se trouvait une batterie de défense allemande. Celle-ci était constituée de 4 casemates en haut d’une falaise (sorte de bunkers équipés d’énormes canons) et d’un poste de commandement situé plus en amont, afin d’indiquer aux artilleurs la meilleure orientation pour leurs tirs.

plages du débarquement

3 des 4 casemates qui constituaient la batterie allemande

Malgré les bombardements aériens opérés dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, la batterie allemande était toujours opérationnelle au matin du 6 juin. Elle fut neutralisée dans la journée par les navires alliés au large, et fut prise le 7 juin par des soldats britanniques. Des visites guidées sont organisées d’avril à octobre (plus de renseignements ici).

plages-du-debarquement-15

Une des casemates et son artillerie

plages-du-debarquement-21

Vue sur Arromanches depuis la batterie de Longues-sur-Mer

Colleville et Omaha Beach

Enfin, nous nous rendons à Omaha Beach, dominée par le cimetière américain de Colleville-sur-Mer.

La visite de ce dernier est un des moments les plus marquants de notre séjour. 9387 stèles blanches, toutes gravées du nom, grade, pays de recrutement et date de décès du soldat enterré, sont alignées parfaitement au sein d’un magnifique cimetière arboré parfaitement entretenu.

plages du débarquement

Certaines stèles sont en forme d’étoile pour les soldats de confession juive

Un mémorial est présent à l’entrée du site, avec une statue de bronze de 7 mètres de haut et le mur des disparus où sont gravés les noms des 1 557 soldats dont les dépouilles n’ont pas été retrouvées. Nous avons également appris que le lieu était considéré comme territoire américain.

plages-du-debarquement-25

Troisième et dernier jour : Pointe du Hoc – Utah Beach

Après une nuit à Grandcamp-Maisy et un excellent restaurant, nous partons pour la pointe du Hoc.

Un peu d’histoire : la pointe du Hoc est une falaise avancée située entre les plages d’Utah Beach (à l’ouest) et d’Omaha Beach (à l’est). Les Allemands y avaient installées plusieurs batteries équipées d’artillerie pouvant menacer les deux plages voisines et tous les navires se trouvant dans les environs. Il avait donc été jugé primordial pour la réussite du débarquement que la pointe du Hoc soit prise ! Pour se faire, l’endroit a été littéralement pilonné par les bombardements. Immédiatement après, des Rangers américains débarquèrent sur la minuscule plage au pied de la Pointe, escaladèrent la falaise et réussirent à en prendre le contrôle.

plages-du-debarquement-36

Vue sur la pointe du Hoc. Le mémorial se dresse au bout.

Une fois sur place, on se rend compte de la violence des événements. Le lieu est un gruyère de trous d’obus immenses, au fond desquels l’herbe a repoussé. En entrant dans la casemate située au bord de la falaise et constituée de plusieurs salles, on peut imaginer ce que les Allemands avaient sous les yeux lors de ces événements tragiques.

plages-du-debarquement-1

Le paysage est ravagé par les trous d’obus

plages-du-debarquement-9

Vue depuis l’intérieur d’une casemate

Enfin, et pour terminer ce roadtrip à vocation historique, nous nous rendons à Utah Beach, plage la plus à l’ouest du débarquement (et qui fut ajoutée aux plans du débarquement plus tardivement que les autres). Nous y visiterons le musée, qui fut mis en place par la volonté d’un habitant de Sainte Marie du Mont, qui abrite notamment un des modèles de bombardier les plus utilisés pendant la guerre.

UTAH

Séjourner & se restaurer à Grandcamp-Maisy  :

Un deal incroyable ! Pour ce prix nous disposions d’une cuisine avec tout le nécessaire, 2 chambres, un balcon permettant de manger dehors, un parking sécurisé : rarement vu un tarif aussi bas pour ce genre de prestations.

Nous souhaitions un vrai bon restau pour cette fin de séjour et celui-ci était très correct 🙂

Pour un menu à 27€, nous avions en entrée des huîtres et et du foie gras au saumon, en plat de la dorade sur un risotto à l’encre de sèches et bisque (miam !). Un très bon vin pour accompagner le tout, l’apéritif servis avec des amuses gueules, et le patron nous a fait goûter gratuitement le pommeau normand car nous ne connaissions pas : appréciable ! Un petit bémol sur le dessert (assiette de fromage assez moyenne, poire au caramel assez simple) mais nous avions lu que ce n’est pas la spécialité de la maison.

Bilan de ce séjour à la découverte des plages du débarquement

Cet itinéraire nous a permis de découvrir des lieux symboles du débarquement. Pour ma part, je n’ai en général pas une excellente mémoire des faits historiques, mais le fait de me rendre sur place, de rester trois jours et de visiter quelques musées m’a permis d’avoir les idées plus claires, et je pense de mieux retenir le déroulé d’un des événements les plus forts de notre Histoire.

Un voyage différent, mais intéressant ! Retrouvez ici notre itinéraire (sachant qu’il y a énormément d’autres endroits non cités dans cet article qui méritent un arrêt quand la durée du voyage le permet) :

Note pour la fin : le temps début novembre n’était pas franchement au rendez-vous.

Mais au moins il n’y avait pas grand monde 🙂 !

plages-du-debarquement-26

2 Commentaires

Répondre

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.