Depuis quelques mois, j’ai découvert le concept de la microaventure, dont je suis aussitôt tombée sous le charme ! Mais la microaventure, kézaco ? L’idée, c’est de s’évader dans la nature dès qu’on a un instant, en train, à pieds, à vélo, en paddle, en canoë, et j’en passe, et montrer qu’habiter en ville n’est pas une fatalité quand on kiffe les grands espaces ! Cet art de vivre, c’est la géniale communauté Chilowé qui me l’a fait découvrir. Sur le site et dans les groupes Facebook, une bande de doux dingues s’échange bons plans et idées farfelues pour s’éloigner des métropoles. Écologique, économique, ils montrent qu’il n’y a pas besoin d’aller au bout du monde pour être un aventurier !

Début août, j’ai eu l’occasion de tester une idée made in Chilowé : un itinéraire de 2 jours de randonnée dans le Vercors, accessible en train depuis Paris. Retour d’expérience !

Tchacatac, départ en train couchette

Sur le papier, l’idée est la suivante : relier à pied les gares de Die et Clelles-Mens, sans poser un seul jour de congés. Rapide check des horaires de train : nous partons vendredi soir en train-couchettes pour Die, et rentrerons dimanche soir à Paris en train classique. Nous réservons l’un des derniers trains de la journée, pour ne pas risquer de le rater si nous marchons trop lentement !

A la gare d’Austerlitz, l’ambiance dans le train couchette rappelle de vieux souvenirs : il fait très chaud, les voyageurs qui partagent une cabine se mettent à discuter dans les couloirs, il faut trouver de la place pour les valises… Nous ouvrons une des fenêtres du train sans savoir si cela est vraiment autorisé, quand celui-ci s’ébranle lentement. On se croirait dans un autre temps ! La nuit n’est pas excellente, mais nous trouvons suffisamment de sommeil pour ne pas nous sentir fatigués le lendemain.

Si vous n’avez jamais pris le train couchette :

  • en seconde classe, il y a 6 couchettes par cabine (3 du côté gauche et 3 du côté droit). La couchette du haut est celle qui offre le plus de tranquillité, et celle du bas est la plus accessible : en résumé, je vous déconseille celle du milieu !
  • Couverture & oreiller sont fournis, ainsi qu’une petite bouteille d’eau
  • Si vous êtes une femme et que l’idée de voyager seule en train couchette vous stresse, sachez qu’il est possible de sélectionner une place dans une cabine réservée aux femmes sur le site de la SNCF

En route pour le col des Bachassons

Nous arrivons à 5 heures du matin à la gare de Die. Il n’y a pas grand chose d’autre à faire que nous mettre à marcher, après avoir englouti une barre de céréales ! Le ciel est encore noir tandis que nous traversons le centre-ville endormi. Nous empruntons rapidement une route étroite entre les champs, tandis que les premières lueurs du jour illuminent la rosée du matin, et que les chauves-souris rentrent chez elles. Au village du Moulin, un labrador obèse nous suit d’un peu trop près en grognant. Cela nous fait moyennement rire sur le coup ! Mais il finit par abandonner la partie quand nous quittons son territoire, et nous engouffrons sur les sentiers en direction du col des Bachassons.

La montée est carrément raide. Nous traversons une forêt, marchant sur un tapis de feuilles sèches qui bruissent sous nos pas. La couche est tellement épaisse qu’elle nous ralentit ! On sue, et une petite voix dans ma tête me demande de temps en temps ce que je fabrique là. Nous ne le savons pas encore, mais nous ne sommes pas au bout de nos peines !

Après la forêt, c’est un immense pierrier qui nous attend. Plusieurs centaines de mètres à patauger dans les cailloux, dans une pente vertigineuse. Petite pause babybel pour nous donner du courage, nous croisons notre 1er randonneur en train de descendre, qui compatit avec nous. Malgré l’effort et la sueur qui nous refroidit tandis que nous sommes assis à l’ombre de la falaise, nous profitons de la vue, qui est carrément pas mal.

Nous repartons pour un dernier effort jusqu’au col. Alors que l’entrée du plateau du Vercors n’est qu’à une dizaine de mètres, un bruit de pierres nous pousse à l’immobilité : un petit chamois se tient là ! Exclamation étouffée, silence, on observe et on savoure. Il n’est pas particulièrement pressé, et reste quelques minutes avant de retourner dans les bois. Whaou ! On réalise qu’il est 10 heures, qu’on est samedi, et qu’habituellement nous sommes en train de roupiller sous la couette à Paris. Alors que là, on mate les chamois 🙂

La montée nous a pris environ 5 heures, pauses incluses. Arrivés sur le plateau, le paysage se transforme complètement. L’herbe est sèche, les rochers blancs, les cigales s’en donnent à cœur joie, la vue est dégagée. Quel changement de décor ! Nous décidons d’aller nous ravitailler à la fontaine des Bachassons, avant de déjeuner. Il est encore tôt, mais je vous rappelle que nous sommes partis très tôt aussi ! Malheureusement, à la fontaine, un patou, le chien qui garde les troupeaux, nous met en garde en aboyant puissamment.

 

 Plusieurs panneaux mettent en garde les randonneurs qui se trouveraient face à un patou, et expliquent l’attitude à adopter. Ces chiens sont en effet dressés pour défendre les troupeaux contre tout intrus, humain, loup ou ours !

Il ne faut donc pas s’amuser avec eux lorsqu’on en croise un :

  • s’il s’approche, il faut le regarder dans les yeux, ne pas partir tout de suite afin qu’il nous identifie, puis s’éloigner tranquillement
  • parler calmement, ne pas le menacer, ni lui donner à manger
  • le mieux reste de contourner largement le troupeau et le chien, jusqu’à ce qu’il arrête d’aboyer !

Le troupeau et le chien finissent par s’éloigner, nous remplissons nos bouteilles à la fontaine, et nous mettons en quête d’un endroit sympa pour déjeuner. Nous sommes tellement bien, et tellement larges niveau timing, que nous nous offrons une sieste d’une heure à l’ombre d’un pin !

randonnée vercors

Halte à la cabane de Chaumailloux

Nous sommes en forme, il est encore très tôt : nous décidons de pousser la rando jusqu’à la cabane de Chaumailloux, où un point d’eau est également disponible. Sauf que nous nous perdons ! Résultat, un détour d’une bonne heure pour revenir sur nos pas. Sur le plateau, plusieurs itinéraires sont balisés et bien tracés. Il faut donc vérifier attentivement que l’on suit la bonne route, un conseil que nous n’avons pas suivi…

Après avoir contourné avec dextérité d’autres patous, la silhouette que nous attendions avec impatience se profile à l’horizon : celle du mont Aiguille ! Emblématique de la région du Vercors, il est l’une des sept merveilles du Dauphiné.

Nous arrivons vers 15 heures à la cabane de Chaumailloux. En discutant avec d’autres randonneurs, nous apprenons que celle-ci est en fait un refuge gratuit et en libre accès, disposant d’une vingtaine de couchages, d’une table et d’un poêle à bois. Nous avions prévu de dormir sous la tente, mais lors d’un prochain passage sur le plateau du Vercors, cette cabane ainsi que les autres refuges du parc peuvent être une super option pour randonner en étant moins chargé ou par mauvais temps ! Retrouvez toutes les informations sur la cabane ainsi que les autres refuges sur le site Refuges.info.

Nous plantons la tente à une centaine de mètres de la cabane, en contrebas afin de nous sentir seuls au monde. Une rivière passe à côté, je me lance ni une ni deux dans l’édification d’un magnifique barrage (passion madeleine de proust!) tandis que Boris bouquine au soleil. La vie est particulièrement douce à ce moment là.

Vers 19 heures, nos estomacs se réveillent et nous décidons de lancer le dîner, des lentilles au réchaud, miam ! Mais c’est sans compter sur les centaines de moutons qui déboulent des sommets et entourent notre tente en un rien de temps. Ils bêlent, sautent, courent, dans une cacophonie de cloches. Ils sont tellement nombreux que nous attendons une vingtaine de minutes avant de tous les voir partir et de pouvoir dîner ! 

J’étais très excitée à l’idée de regarder le magnifique ciel étoilé du Vercors mais zzzZz… Je n’arrive pas jusque là et sombre dans un sommeil profond !

Retour vers Clelles et Paris

La nuit a été bonne ! Nous avons dormi 11 heures comme des bébés. Le petit-déjeuner est rapidement englouti, le camp levé, nous mettons le cap sur la gare de Clelles. Le panorama est aussi incroyable que la veille lors de la descente, et nous hallucinons lorsqu’un groupe de 4 chamois passe devant nos yeux. Ils sont décidément très présents dans le parc du Vercors, et cela fait plaisir à voir ! Le groupe est à flanc de falaise, aussi à l’aise que sur le plat, même si le bébé qui les accompagne imite encore sa mère pour trouver le meilleur chemin. Adorable !

La première partie de la descente est caillouteuse, il faut faire attention à là où on met les pieds. Le chemin continue ensuite dans une forêt ensoleillée, jusqu’au parking le plus proche du départ de la randonnée. Mais nous devons rentrer à pieds jusqu’à Clelles ! Certains le font en stop, mais nous avons emprunté des sentiers en sous-bois ou le long des champs. L’itinéraire reste très agréable jusqu’à la gare, sauf une portion de 500 mètres sur une route sans trottoir pour marcher.

La gare de Clelles est l’une des plus petites qui m’est été donnée de voir ! Il n’y a du coup absolument rien pour se sustenter, ni à la gare ni autour. Nous discutons avec le contrôleur, qui nous autorise à monter dans un TER plus tôt que le nôtre afin de nous laisser plus de temps pour déjeuner à Grenoble, où nous prenons le TGV pour Paris.

Nous rentrons fourbus, sales, épuisés, mais émerveillés par ce weekend !

Notre équipement pour cette randonnée de 2 jours

Il est toujours difficile de savoir quoi prendre dans son sac pour partir en rando : peur de manquer de quelque chose d’essentiel, mais il ne faut en même temps pas trop se charger ! Pour cette randonnée, nous avions emporté :

Vêtements

  • 1 tshirt mérinos
  • 1 pantalon qui se transforme en short
  • 1 paire de chaussettes et 1 sous-vêtement
  • 1 polaire très chaude
  • 1 kway
  • 1 paire de tongs

Hygiène

  • Brosse à dent & dentifrice
  • 1 savon de marseille
  • Crème solaire
  • Lingettes
  • Pansements compeed 

Equipement

  • 1 tente
  • Matelas gonflable & duvet
  • Réchaud et kit popote
  • Bâtons de marche
  • Casquette & lunettes de soleil

 

Ravitaillement

  • 3 litres d’eau / personne
  • 2 taboulés / 1 sachet lentilles
  • Soupe déshydratée
  • Babybel
  • Amandes
  • Café / Thé

Basiquement, nous ne nous sommes pas changés de tout le weekend 😁

Partis propres de Paris, nous sommes rentrés un peu plus sales dans le train et avons pris une bonne douche dimanche soir. Le tshirt mérinos a l’avantage de pouvoir être porté plusieurs jours sans sentir mauvais. Décathlon propose des t-shirts 70% mérinos à des prix très corrects. Les tongs sont juste indispensables le soir, croyez-moi ! Si la météo avait été plus incertaine, nous aurions emporté des ponchos de pluie.

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Envie d’autres idées ? Retrouvez mes autres randonnées en France et à l’étranger. 

 

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